Le PS se SABORDE, Hollande attend son heure ?

Format long · Analyse politique

Le PS se SABORDE, Hollande attend son heure ?

Une conversation pour développer une position, en montrer les nuances et la confronter aux questions.

Le sujet

La gauche ne se reconstruira pas dans la précipitation.

Un parti politique ne peut pas réclamer de la justice dans le pays et renoncer lui-même à toute exigence de procédure. Une accusation doit être prise au sérieux. La parole de la personne qui dénonce des faits doit être accueillie et protégée. Mais décider dans la précipitation, avant même d’avoir entendu toutes les parties, ne rend service ni à la vérité ni à la confiance.

Je ne minimise aucun fait et je ne me substitue pas à ceux qui doivent les établir. Je refuse simplement que l’urgence morale devienne une justice sommaire. Un parti responsable doit savoir tenir ensemble la protection des personnes, la présomption d’innocence et la transparence de ses décisions. C’est difficile, mais gouverner commence précisément par la capacité à ne pas céder aux réactions immédiates.

Dans ce climat, l’hypothèse d’un retour de François Hollande ne peut pas être écartée. Son expérience et les divisions de sa famille politique peuvent lui ouvrir un espace. Cela ne signifie pas que son retour serait souhaitable ou sa victoire acquise. Cela révèle surtout le vide créé par un Parti socialiste qui peine à choisir une ligne et à l’assumer durablement.

Je ne souhaite pas la disparition de la gauche. Une démocratie solide a besoin de partis capables de travailler, de produire des idées et de s’opposer sans abandonner le gouvernement aux extrêmes. Le centre doit également savoir parler aux électeurs venus d’autres sensibilités. C’est ainsi que je conçois le rôle d’Édouard Philippe : non comme l’effacement des différences, mais comme la construction d’une majorité assez large pour agir.

Prolonger le débat.

Vous souhaitez m’inviter, me soumettre une question ou confronter un point de vue ?